
Le bilan provisoire de la mortalité routière 2025 comptabilise 3260 tués sur les routes de France, en hausse de +2,1%. Le deux-roues motorisé est la seule catégorie épargnée par cette augmentation. Mieux encore : le nombre d'accidents mortels impliquant motards ou scootéristes baisse de 4%.
"Selon les estimations de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 3 260 personnes ont perdu la vie sur les routes de France métropolitaine en 2025, contre 3 193 en 2024, soit 67 tués de plus (+2,1 %)", rapporte l'institut rattaché au ministère de l'intérieur dans son bilan provisoire.
"3 513 vies perdues (en incluant l'outre-mer, NDLR), près de 18 000 blessés graves, et autant de familles brisées", commente la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne, qui déplore des "drames évitables" en évoquant l'influence de l'alcool, de stupéfiants et la vitesse. Sans parler de l'association des trois, hélas fréquente chez les jeunes conducteurs, et de la préoccupante montée en puissance des accidents liés au protoxyde d'azote.
Le nombre de blessés est également à la hausse, de +3,4%, avec 244 000 personnes blessées dont 16 600 "blessés graves" (+4%). Comme chaque année, ce bilan établit un lien genré avec l'accidentologie : "77 % des tués et 75 % des blessés graves sont des hommes", calcule la Sécurité routière qui pointe du doigt la forte responsabilité masculine dans les accidents.
"84 % des présumés responsables d’accidents mortels sont des hommes", principalement des automobilistes. Certains y verront la résultante de la prudence féminine, à l'opposée de l'agressivité du mâle (dégrossi ?!). Sans vouloir manquer de respect à quiconque, Moto-Net.Com observe pour sa part que les hommes sont plus souvent au volant, notamment des véhicules familiaux.
Ce bilan dénombre 523 morts chez les 18-24 ans, catégorie la plus mortellement exposée avec les plus de 75 ans (534 morts). Les 25-34 ans représentent 454 décès. Ce constat accablant pour la jeunesse suscite toujours autant d'interrogations sur l'abaissement de l'âge du permis de conduire…

Le réseau routier le plus sûr en 2025 reste l'autoroute, malgré une hausse de 24 morts (236 en tout) par rapport à 2024. 1981 décès sont comptabilisés sur routes hors agglomération, en hausse également (+ 57 tués), alors que bilan s'élève à 1016 morts en agglomération, seul réseau en baisse (-14 décès).
Dans le détail, sur les 3260 personnes décédées sur les routes de France en 2025, le bilan provisoire de la sécurité routière dénombre :
La tendance, forte et indiscutable, saute aux yeux : seule la catégorie des deux-roues motorisés affiche une baisse de sa mortalité (-4%). Toutes les autres sont en hausse ! En feuilletant attentivement les 36 pages du rapport de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), Moto-Net.Com remarque par ailleurs que la mortalité "2RM" englobe les motos et scooters de plus de 125 cc (575 tués) et les cyclos de moins de 50 cc (116 tués).

Aucun autre mode de transport ne peut se vanter d'avoir diminué son accidentologie en 2025, y compris les mobilités dites "douces" comme le vélo et la marche à pied. La mortalité moto et scooter passe sous la barre symbolique de 700 décès, après une année 2024 en hausse de 2%. En comparaison avec 2019, année de référence "avant-Covid", la mortalité motarde recule de "8%". Autrement dit : une baisse tangible qui s'inscrit dans la durée.
Et pourtant, pas un mot sur cette évolution flatteuse. Ni dans la communication de la sécurité routière ni dans celle des différents dirigeants. Rien, silence radio. Ce bilan exemplaire devrait pourtant être porté auprès du grand public, régulièrement exposé à des messages "motard-chauffard". A plus forte raison qu'il s'agit de la seule note positive de ce bilan d'accidentologie 2025 !
A croire que certains considèrent plus utile de taper sur le casque des motards que de leur tirer un coup de chapeau…
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