
Chaque 4 juillet depuis 1777, les américains célèbrent la déclaration d'indépendance des États-Unis. À partir de 2027, chaque 2 février, les fans des motos Indian commémoreront peut-être leur propre indépendance... Enfin, leur prise de liberté vis-à-vis du groupe Polaris, assurée par un fonds d'investissement. Un fonds américain, ''of course'' !
C'est acté ! Comme prévu - et annoncé sur Moto-Net.Com - en octobre 2025, la société de capital-investissement Carolwood LP (fondée en 2014 par les jeunes entrepreneurs Andrew Shanfeld et Adam Rubin) a officiellement conclu son accord avec Polaris pour acquérir Indian Motorcycles, la plus ancienne des marques de motos encore en activité.
Deux ans plus âgée que Harley-Davidson (nananère !), la compagnie basée à Spirit Lake dans l'Iowa en Grande-Bretagne aux États-Unis se réjouit de retrouver son indépendance et s'apprête à célébrer fièrement ses 125 ans d'existence, avec toutefois des successions de périodes fastes et furieuses, laborieuses voire silencieuses...
"La conclusion de l'accord d'acquisition avec Polaris Inc. ouvre un nouveau chapitre dynamique pour la marque américaine emblématique, axé sur la fabrication nationale et une clarté et une concentration accrues en tant qu'entreprise indépendante", financée par des fonds américains et dirigée par un ancien haut dirigeant de Harley, Mike Kennedy.
Pour développer leur gamme et leurs ventes dans le monde (en constante baisse depuis cinq ans : 25 792 en 2024, à comparer à l'année 2021 et son record de plus de 30 000 unités), la "nouvelle" société compte sur son réseau qui serait actuellement constitué de plus de 600 magasins.

"Les concessionnaires sont nos partenaires les plus importants, et nous jugerons notre activité en fonction de leur succès", promet Mister Kennedy. "Nous avons l'intention de collaborer étroitement avec nos concessionnaires, en écoutant activement leurs commentaires et en les intégrant dans notre planification et notre prise de décision, non seulement en termes d'exploitation des concessionnaires, mais aussi de développement de produits et de marketing".
Le nouveau boss semble cependant avoir déjà défini une stratégie : "Nous réaliserons notre vision grâce à une différenciation plus poussée, en nous appuyant sur ce qui rend notre marque unique, et avec des produits qui possèdent un style, un savoir-faire et des performances justifiés par notre héritage historique et notre esprit d'innovation".
Du moderne au look de vieux ? Cela marche très bien pour certaines marques comme Triumph ou Royal Enfield par exemple, mais avec des motos de petites ou moyennes cylindrées en mesure de combler les motards de pays émergents - mais très grands - , et de charmer les européens ou nord-américains. Les "Very big V-Twins" eux, ne sont-ils pas démesurés ?
La nouvelle direction confirme que "l'accord d'acquisition finalisé concerne environ 900 employés qui vont désormais rejoindre la nouvelle société Indian Motorcycle" qui conservera ses bureaux et ateliers "à Spirit Lake, dans l'Iowa, et à Monticello, dans le Minnesota". Au Pays de l'oncle Sam… l'oncle Donald, pardon !

"La première entreprise américaine de motos donnera la priorité à l'Amérique", (r)assure le PDG (patriote de guerre ?), confirmant que "notre marque et notre activité seront fondées sur notre identité américaine et, plus important encore, sur la fabrication américaine. "Built in America" n'est pas un slogan. C'est un avantage concurrentiel, et nous avons l'intention de l'utiliser".
"Made in USA" donc, partiellement "Designed in Switzerland" (!) puisque les "activités de conception industrielle, de technologie et de développement de produits se poursuivront non seulement dans son centre de R&D à Wyoming (la ville du Minnesota, pas l'État des Cowboys !), mais également dans celui de Burgdorf, de notre côté de l'Atlantique, en Suisse.
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