
Téléphoner ou conduire, il va - urgemment ! - falloir choisir sous peine de s'exposer à une suspension du permis de conduire. Cette sanction sévère, inscrite dans le Code de la route, est déjà appliquée dans les Landes (40) : l'objectif est de la généraliser à toute la France.
"Dans une instruction datée du 29 septembre 2026, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, et la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, demandent aux préfets de généraliser la relance de la suspension du permis de conduire des automobilistes contrôlés avec leur téléphone tenu en main", informe le ministère de l'intérieur, en charge de la Sécurité routière depuis 2012.
En clair : l'utilisation du téléphone en conduisant tend à systématiquement exposer l'automobiliste au retrait de permis. Et ce, sans commettre d'autres infractions sur le principe des peines cumulatives ! Un tour de vis supplémentaire ? Pas du tout : le Code de la route prévoit déjà la possibilité de suspendre le permis pour usage du téléphone au volant, mais cette "mesure administrative est peu utilisée", regrette le ministère.
En réalité, cette décision est entre les mains des préfets : selon le profil du contrevenant et les détails de l'infraction, le représentant régional de l'État est libre d'appliquer la suspension du permis. Un cas de figure rarement appliqué dans la mesure où les conducteurs pris en "flag" sont généralement sanctionnés par les forces de l'ordre au bord de la route, sans poursuite supplémentaire.
Mais cette politique est amenée à évoluer sous l'impulsion de la préfecture des Landes (40). Depuis le 1er novembre 2025, le préfet y applique systématiquement la suspension de permis à l'encontre des usagers verbalisés pour usage de leur smartphone au volant. Les chauffeurs de bus et de poids-lourds sont également concernés.

Et les motards ? Bah non : pas facile de tenir un guidon et son téléphone à la main ! Blague à part, gare au sentiment d'impunité car si votre permis auto (B) vous est retiré, vous perdez aussi le permis moto (A). A méditer avant de tendre la main vers son téléphone sur le trajet "boulot-dodo"…
"Cette instruction ministérielle va permettre d'étendre à l'échelle nationale la réponse administrative au danger du téléphone au volant", prévoit la Délégation à la sécurité routière, en rappelant que la durée de suspension est de "six mois maximum". A ce stade, la sanction reste du ressort du préfet : "le permis de conduire n'est pas retiré directement par les forces de l'ordre au moment du contrôle", précise la DSR. Pour l'instant ?
"Il n'est pas nécessaire qu'un conducteur ait commis simultanément un excès de vitesse ou une autre infraction pour que son permis soit suspendu administrativement pour avoir tenu un téléphone portable dans sa main", prévient-elle à toutes fins utiles. Autrement dit : la seule présence du téléphone à la main, véhicule en mouvement, suffit à s'exposer à la suspension.
Pour mémoire, le Code de la route interdit strictement de "tenir, manipuler ou consulter son téléphone en conduisant". Le recours à des oreillettes intra-auriculaires ou à un casque est également proscrit. Le tout est passible d'une amende de 750 euros, d'un retrait de trois points sur le permis et, donc, d'une suspension de permis jusqu'à six mois.
Rappelons que l'utilisation d'une application de guidage via son smartphone est - pour l'instant, bis ? - tolérée par le Code de la route. "Un téléphone fixé sur un support, pour la navigation GPS par exemple, reste hors du champ de la mesure", confirme la Sécurité routière. Attention toutefois : sa manipulation en conduisant reste, elle, totalement interdite !
"La Délégation à la sécurité routière est chargée du suivi de la généralisation, avec un premier bilan prévu dans six mois", annonce le ministère de l'Intérieur. Le petit doigt de Moto-Net.Com lui souffle que cette période de transition prévue jusqu'en avril 2027 débouchera sur une suspension systématique, sans passer par la préfecture…
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