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PIÈGES DE LA ROUTE
Paris, le 1er avril 2009

Le gouvernement assure que les radars automatiques sont fiables...

Le gouvernement assure que les radars automatiques sont fiables...

Interrogé par le député Rudy Salles sur la transparence des radars automatiques (construits, vendus et... certifiés par la même entreprise Sagem), le gouvernement assure que nan nan pas du tout, les contrôles radars sont parfaitement fiables. Circulez !

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Le député des Alpes-maritimes Rudy Salles (Nouveau centre) a publiquement interrogé la ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie (UMP), hier à l'Assemblée nationale, sur la fiabilité et la transparence des contrôles radars automatiques.

Après avoir rappelé que les radars automatiques, "figures emblématiques de la politique menée en matière de sécurité routière associant prévention et répression", ont joué "un rôle essentiel en incitant les automobilistes à modérer leur vitesse" et ont "permis de sauver de très nombreuses vies", le député a en effet estimé que ce contrôle n'était "pas totalement fiable, ni totalement transparent".

40 millions d'automobilistes inquiets

L'association "40 millions d'automobilistes" avait mis en doute la légalité des PV estimant que "la réglementation en vigueur ne devrait pas permettre à l'organisme qui fabrique et commercialise les radars de contrôle routier d'être en charge de la vérification annuelle du même appareil", pour "une question logique d'impartialité". Elle constatait notamment le fait que "la majorité des PV dressés par des radars automatiques mentionne le nom du fabricant comme organisme en charge de cette vérification", estimant "troublant que celui qui fabrique et commercialise le radar se retrouve au bout du processus de certification de l'appareil". Le fabricant "ne peut pas être juge et partie, et c'est d'ailleurs dans cet esprit que la réglementation a été initialement prévue", rappelle sur le site de l'association le président de sa commission juridique, Rémy Josseaume.

Pour preuve, il a notamment rappelé que "sur chaque avis de contravention, figure un encadré spécifiant le lieu de l'infraction, l'identité exacte de la machine et le nom de l'organisme chargé de sa vérification annuelle. Or, pour la majorité des radars installés, la société vérificatrice est également celle qui fabrique et commercialise les appareils, ce qui constituerait une violation de l'arrêté du 31 décembre 2001, selon lequel l'organisme en charge de la vérification périodique doit garantir les conditions d'impartialité".

M. Salles a également pointé du doigt "une certaine confusion" en citant l'exemple d'un document transmis par son collègue député de la Loire François Rochebloine (Nouveau centre) selon lequel, à propos d'un radar "l'information a été "vérifiée le 30 avril 2009", c'est-à-dire le mois prochain ! Il y a un problème !", s'est exclamé Rudy Salles, rappelant que des associations d'automobilistes ont "saisi la justice pour contester plusieurs cas de contravention pour excès de vitesse" (lire encadré ci-contre, NDLR). "Face au risque juridique que représente cette situation, je vous demande de préciser les mesures concrètes qu'entend prendre le Gouvernement pour assurer la fiabilité et l'impartialité des procédures automatisées de contrôle de vitesse", a-t-il conclu.

Au nom du gouvernement, le secrétaire d'État chargé du développement de la région capitale, Christian Blanc, a d'abord précisé que ces dispositifs étaient "des appareils homologués par les services de l'Etat". "De plus", a-t-il ajouté, "le fabricant et l'installateur, en l'occurrence la société Sagem, dispose d'un système d'assurance qualité approuvé par le laboratoire national d'essai", ce qui "l'habilite à procéder à la vérification des appareils neufs ou réparés au moment de leur mise en service"

Rappelant que "les services de la DRIRE (Direction régionale de l'industrie de la recherche et de l'environnement) procèdent à une vérification annuelle des appareils", M. Blanc a donc indiqué qu'il n'y avait "pas lieu de contester la fiabilité et la régularité du système, dont le gouvernement entend d'ailleurs poursuivre le déploiement avec une installation d'environ 500 radars chaque année".

Allez hop circulez, y a rien à voir !

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Pour moi, la folie-radar démontre une vision de la vie et de la société complètement et définitivement cinglée, qui témoigne dramatiquement du credo pratiqué par le pouvoir et ses disciples. Le malheur dans tout cela vient du fait que cette formidable entreprise de répression n'a aucune fin prévisible, aucune contestation concevable, aucune récompense imaginable, et ne se borne pas à ce seul champ d’application. Récompense ? En fait, il y aurait des dizaines de milliers de vies épargnées, des centaines de milliers de blessés sauvés, cette réalité étant imputée par nos inquisiteurs à la vertu de gouvernements exemplaires dans leur persévérance à installer de purs dispositifs de contrainte et de punition. Il est extraordinairement troublant de constater que les guerres n’ont jamais cessé, pour prendre un exemple frappant de l’incapacité de l’homme à évoluer vers une forme de civilisation humaniste réellement libérée de ses tares congénitales, et pourtant nous considérons très souvent nos prédécesseurs comme des imbéciles incapables de raison, alors que nous serions l’incarnation même du progrès, de la Démocratie. En somme, aux anciens l’obscurantisme, la sauvagerie, la bêtise, à nos dirigeants la lumière irradiante de la connaissance et de la raison. Faut-il à ce point être aveuglé pour ne pas comprendre que toute époque nourrit ses fous, ses imprécateurs malades d’orgueil, ses déficients de l’entendement ? Devons-nous confier à nos arrière petits enfants le soin de dresser le bilan des délires en cours, et nous interdire de les qualifier et de les combattre aujourd’hui, avant qu’en substance ils ne nous détruisent (à cet égard, les critiques de longue date du capitalisme devraient être à la fête aujourd’hui, abstraction faite du malheur de n’avoir pas été entendus) ? Si cinquante radars ont été incendiés, puis remplacés, si le dispositif a fait couler des flots d’encre, si le carcan produit son lot quotidien de dénis de justice (on n’en parle plus : les tracteurs flashés à 500 km de chez eux et à 250 km/h ont-ils disparus ?), si la toile tissée a d’ores et déjà condamné des millions d’usagers de la route, pourtant prévenus et adepte de cette forme de « sécurité automatisée », le courant protestataire tarit, l’énergie contestatrice se réduit : tout ce qui a été hurlé et écrit ne le sera plus, à quoi bon. Nous passons d’un état de refus à l’origine minoritaire à l'abattement généralisé d’une majorité de personnes souvent déjà sanctionnées, qui n’y croient plus, et qui savent que jamais la parole ne leur sera donnée. Alors me revient le point de vue d’un ami motard, qui professe que « de toute manière, je roule exactement comme je veux, en des endroits que je connais, là où cela reste possible, sans bruit, et je laisse à ceux qui croient encore à la validité de la protestation la peine de s’étrangler de fureur, de gaspiller vainement leur espoir d’être entendus ». Coupable démobilisation ? Allez, il est six heures, l’infirmière en gériatrie m’appelle pour la soupe ; merde, ouske j’ai foutu ce p… de déambulateur ? Bernard Bracam

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