Pixel impression
  • L'essentiel
  • -
  • En savoir plus...
ESSAI
Paris, le 17 mars 2004

Le roadster atypique

Le roadster atypique

L'espèce des monocylindres routiers, délaissée par les constructeurs depuis les Aprilia 650 Starck, Muz Skorpion et 660 SZR Yamaha, n'est pourtant pas tout à fait éteinte : l'allemand Sachs propose depuis l'an 2000 un modèle méconnu. Découverte.

Imprimer

Atypique. C’est le premier qualificatif qui vient à l’esprit après quelques jours d’essai de ce Sachs Roadster 650, amicalement prêté par URBAN Moto. Une moto pour le moins difficile à classer dans les catégories modernes... Roadster ? Basique ? Peut-être les deux, ou même un peu plus que ça !

Techniquement parlant, les solutions employées tiennent plutôt de la préhistoire que de la modernité. Deux amortisseurs classiques montés sur le bras oscillant, simple frein à disque à l’avant, roues à rayons, refroidissement mixte air et huile : rien de ce qui se faisait dans les années 70 ne manque à l’appel ! Sauf peut-être le tambour arrière, ici remplacé par un disque pas même estampillé 78 tours...

Pour compléter le tableau, les accessoires brillent plutôt... par leur absence ! Pas de jauge ni de voyant de niveau d’essence, un trip à rouleau, rien pour les bagages, encore moins de béquille centrale, et ne cherchez pas le verrouillage de la selle, elle est boulonnée au cadre...

"Nécessaire n’est pas indispensable" semble être la devise de nos voisins allemands et le seul accessoire présent est... une veilleuse de parking, qui se met en service au barillet de contact. Étonnant, non ? Surtout lorsqu’elle se met en service à votre insu !

Et puis cette ligne... Pas spécialement désagréable mais disons... ventrue. Un peu comme les BMW R 1100 S, avec un avant massif et un arrière effilé. Ça sent le transfert de designers, cette histoire !

La Sachs 650 a néanmoins le très grand mérite d’être originale et de sortir du lot, à en juger par les deux ou trois motards qui m’ont interpellé pour en savoir plus sur cette sympathique moto.

Comme pour gratifier celui qui aura su faire fi de ces remarques pas spécialement avantageuses, la moto se redresse de sa latérale et se manie à l’arrêt avec un petit doigt. Poids contenu, centre de gravité et assise placés bas : les manoeuvres en sont extrêmement facilitées pour les petits gabarits.

Alors en route, et voyons à quoi cet engin va bien pouvoir servir ! Le monocylindre de Freewind s’ébroue d’un coup de démarreur et le starter cranté au guidon est facile et pratique. Nul doute qu’un moteur de cette provenance (lire Moto-Net du 9 septembre 2003 pour l'essai complet du Suzuki XF 650 Freewind) est garant de fiabilité et de facilité d’entretien. Et quitte à (re)tordre le cou aux idées reçues, rappelons que les monocylindres ne sont pas aussi fragiles que le dit la légende !

Toujours est-il que le moteur présente bien les caractéristiques de son architecture : inutilisable sous 3 000 tr/mn et se rappelant à votre souvenir à grands coups de vibrations au delà. Ensuite, c’est LA grande surprise de cet essai : si les mi-régimes (de 3 000 à 6 000 tr/mn) sont relativement creux, les bras s'étirent et l’aiguille du compte-tours se jette à plus de 8 000 tr/mn dans un vrombissement d’outre tombe ! Incroyable ! Contrairement à ce que je pensais du mono, celui-ci me demande toujours plus de tours, et m’incite à aller toujours plus loin sur le cadran de droite ! No limits, et d’ailleurs il n’y a pas de zone rouge ! Mais qu’ont-ils donc donné à ce moulin pour le transfigurer à ce point ? Les cinq rapports s’enchaînent sans mollir, grâce à une boite précise quoiqu’un poil trop ferme au verrouillage, et je me trouve propulsé à 170 km/h - sur la portion allemande de l’A86 bien entendu -, au taquet, la tête tirée en arrière par le vent. Diantre ! C’est comme si j’avais découvert un autre monde, celui où sensation ne rime pas forcément avec vitesse supersonique...

Et pour exploiter ce bouilleur plein d’allant, la partie cycle ne faillit pas à la tâche : les freins sont agréables et très efficaces, bien qu’aucun réglage ne soit prévu pour le levier. La position, si elle déconcerte au début en écartant les bras et les jambes du pilote, permet de rouler en toute décontraction. Personnellement, j’aurais préféré une position de cale-pieds plus haute et en arrière, afin de permettre un meilleur appui des jambes. L’amortissement ne souffre d’aucune critique, ferme juste ce qu’il faut pour assurer un bon compromis entre confort et tenue de route.

Les évolutions lentes sont faciles, grâce à la répartition des masses et à la géométrie de la machine. En contrepartie, les virages rapides et vifs demandent un gros effort sur le guidon, la Sachs se montrant particulièrement rétive aux changements d’angles à grande vitesse. Elle impose donc une conduite coulée et met son conducteur en confiance, lui permettant de la dompter progressivement et sans danger. Un excellent point pour qui cherche une première monture !

Au quotidien, l’utilisation urbaine demande quelques efforts à cause du guidon vraiment large qui gêne pour se faufiler entre les files et du caractère rugueux du moteur qui rend l’évolution à faible vitesse constante très chaotique. Une fois ceci digéré, on s’adapte bien et on profite de la position confortable, des rétroviseurs ultra efficaces et de l’avertisseur surpuissant. L’absence de tout aspect pratique se paye en revanche au prix fort : sac à dos obligatoire !

Sur l’autoroute, difficile de rouler longtemps à plus de 120 km/h. D'abord en raison de la démultiplication courte, ensuite à cause de l’absence totale de protection, amplifiée par la position des bras très écartée. Difficile de s'imaginer sur la route des vacances autrement qu’avec la Sachs sagement installée sur une remorque derrière la voiture...

Au final, ce roadster (puisque c’est son appellation commerciale officielle) trouvera sa place dans le garage d’un vieux motard (que jamais), habitué aux motos de caractère et qui souhaite posséder un jouet simple et réellement vivant pour tous les jours. De préférence pour arsouiller sur des routes de montagne, où l’agilité et l’allant du moteur feront merveille et permettront sans aucun doute d’en remontrer à bien des grosses cylindrées. A moins qu’un jeune permis ne l’adopte, afin de faire ses armes sur une petite pétoire différente des autres, capable de procurer un vrai plaisir de conduite tout en permettant un apprentissage en douceur de l’enchaînement de virages à la cool, propre, précis et efficace en diable. Par contre, en ville ou pour les gros rouleurs, pas de pitié, à moins de renoncer à tous les aspects pratiques que peuvent présenter les concurrentes.

Reste enfin la question du prix, injustifié au regard des prestations offertes (6 706 €). Cette moto, pour basique et économique qu’elle semble être, coûte vraiment trop cher pour ce qu’elle propose. Mais nous le savons tous : moto et raison font rarement bon ménage !

Alors quelle catégorie ? J’en ai finalement inventé une : le supermotard roadster !

Fiche technique (données constructeur)
Moteur
Type Monocylindre air/huile
Cylindrée 644 cc
Puissance 37 kW (50 ch) à 6 750 tr/min
25 kW (34 ch) à 6 000 tr/min
Couple 56 Nm à 6 200 tr/min
42 Nm à 5 500 tr/min
Boîte de vitesse 5 vitesses à prise directe
Transmission Chaîne à joints toriques
Démarrage Electrique
Carburant Sans plomb 95
Echappement Dépollué par injection d'air dans l'échappement
Vitesse maximale 166 km/h (37 kW)
145 km/h (25 kW)
Partie cycle
Châssis Double berceau acier
Jantes Aluminium à rayons
Pneu AV 120/70-ZR17, Pirelli Dragon
Pneu AR 160/60-ZR15, Pirelli Dragon
Frein avant Simple disque 320 mm, étrier 2 pistons
Frein arrière Simple disque 220 mm, étrier 1 piston
Dimensions
Longueur 2 290 mm
Hauteur de selle 760 mm (732 mm avec le kit de rabaissement)
Empattement 1 490 mm
Réservoir 17 litres dont réserve de 3 litres
Poids 169 kg
Informations commerciales
Coloris Bleu métallisé, noir métallisé, titane (option)
Prix 6 706 €

.

.

Commentaires

Ajouter un commentaire

Identifiez-vous pour publier un commentaire.

.

Les derniers essais MNC

Quelle est la meilleure nouveauté 2026 QJMotor ? Tests !

Roadsters SRK921 et SRK800 Dark, sportive SRK421RR, custom SRV600V2 et 125cc SRK125S2 : 2026 est un gros millésime pour QJMotor ! Le constructeur chinois va-t-il inquiéter les références ? Quelle est sa meilleure nouveauté ? Moto-Net.Com parviendra-t-il à tester les cinq motos en seulement une journée et demie ?! Réponses.
Kawasaki KLE500 SE : l'essai vidéo Moto-Net.Com

Kawasaki relance sa KLE500 avec le bicylindre A2 de 45,4 ch et 42,6 Nm chipé à la Z500 et une partie cycle taillée pour tous les terrains. Moto-Net.Com teste sa déclinaison haut de gamme, la KLE 500 SE à 7399 €, sur les routes et les beaux chemins d'Alméria (Espagne). Essai vidéo.
Essai Ténéré 700 World Raid 2026 : le meilleur trail Yamaha

Tout en haut de la gamme des trails Yamaha (avec WR125 et Ténéré 700, mais sans 450 ou 900 ?!) trône actuellement la Ténéré 700 World Raid. Comme les versions standard et Rally en 2025, cette "WR" reçoit pour 2026 une série de mises à jour électronique et mécanique. MNC recense ses points forts et points faibles… Essai.
Yamaha Ténéré 700 World Raid 2026 : l'essai vidéo sur Moto-Net.Com

Un an après la refonte principalement électronique de la Ténéré 700 (standard et Rally), la version haut de gamme World Raid apparue en 2022 au catalogue Yamaha bénéficie à son tour d'une mise à jour. Moto-Net.Com a pu l'essayer dans toutes les conditions : routes défoncées voire glissantes, piste tout-terrain rapide ou petit pierrier. Essai !

A lire aussi sur le Journal moto du Net

Johann Zarco enregistre son meilleur résultat 2026 au GP d'Espagne

Tout doux, la saison ne fait que commencer. Mais jusqu'à présent, les motifs de satisfaction étaient rares et maigres pour Johann Zarco. Avec le retour du MotoGP sur le sol européen - et sur le mouillé en qualifs -, le n°5 Honda LCR s'est de nouveau fait plaisir au guidon de sa RCV. Il termine notamment la course de Jerez à une solide 7ème place.
Espagne 1 commentaire
Quelle est la meilleure nouveauté 2026 QJMotor ? Tests !

Roadsters SRK921 et SRK800 Dark, sportive SRK421RR, custom SRV600V2 et 125cc SRK125S2 : 2026 est un gros millésime pour QJMotor ! Le constructeur chinois va-t-il inquiéter les références ? Quelle est sa meilleure nouveauté ? Moto-Net.Com parviendra-t-il à tester les cinq motos en seulement une journée et demie ?! Réponses.
Michael Dunlop penche vers la Panigale V4 pour gagner au TT

Si bien sûr, avec ses 33 victoires au compteur, Michael Dunlop mérite amplement son titre de King of the Mountain au Tourist Trophy. Imbattable en Supersport et en Supertwin, le nord-irlandais a cependant plus de mal en Superbike et Superstock dernièrement. En 2026, il pilotera donc une Panigale V4, comme c'était prévu en 2020...
Une ''marvelous'' Speed Twin 1200 à gagner au Distinguished Gentleman’s Ride 

Chaque année depuis 2012, le Distinguished Gentleman’s Ride mobilise les motards afin de récolter des fonds pour lutter contre le cancer de la prostate et sensibiliser sur la santé masculine. Triumph soutient à nouveau l'initiative en offrant quatre motos, dont une somptueuse Speed Twin 1200 Café Racer. Raison de plus pour participer !
Agenda 1 commentaire
Nette embellie pour le marché français de la moto en mars 2026

La jolie météo du mois de mars et le beau salon de Lyon semblent avoir donné un coup de fouet aux immatriculations de motos et scooters en France : +23,4% chez les 125cc et +13,4% pour les grosses cylindrées… par rapport à un petit mars 2025, cependant. Bilan.
Pourquoi les motos ne carburent toujours pas au Superéthanol E85 ?

Alors que les automobilistes peuvent opter pour l'essence contenant 65 à 85% d'alcool agricole depuis 2017, les motards et scootéristes n'ont toujours pas l'autorisation d'installer un boîtier FlexFuel pour convertir leur deux-roues au Superéthanol-E85. FFMC et professionnels dénoncent cette injustice en pleine crise des carburants.
Guide nouveautés 2026 : toutes les motos, toutes les infos

Toutes les informations sur les nouveautés moto et scooter 2026 : présentations, caractéristiques, prix, coloris, disponibilités et nos premiers essais MNC. Le guide le plus complet, marque par marque, c'est sur Moto-Net.Com ! 

PARCOURS

  • 300 km
  • Paris et Ile-de-France
  • Ville, périphérique et voies rapides
  • Consommation : 6l/100 km

POINTS FORTS

  • Sensation de conduite
  • Modèle unique sur son créneau
  • Homogénéité
  • Simplicité générale

POINTS FAIBLES

  • Prix
  • Manque d'équipements
  • Usage limité

OPTIONS ET ACCESSOIRES

  • Kit 34 ch
  • Amortisseurs surbaissés
  • Bagagerie aux couleurs d'origine
  • Béquille centrale
  • Protection
  • Cache radiateur chromé
  • Saute-vent
  • En savoir plus...