Un nouvel entrant dans la guerre des salons moto

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PARIS MOTO SHOW
Paris, le 1er juin 2005

Un nouvel entrant dans la guerre des salons moto

Un nouvel entrant dans la guerre des salons moto

A quatre mois du Mondial, la guerre des salons de la moto s'intensifie avec l'arrivée en 2006 du Paris Moto Show au Bourget, concurrent direct du Mondial de Paris et des JPMS de Lyon... En avant-première, entretiens avec les forces en présence.

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Récemment recentré sur son activité d'organisateur d'événements (Moto Tour, Paris Tuning Show...) suite à la liquidation de feu sa branche presse, le groupe Option (Option Organisation, Option Régie) annoncera officiellement vendredi prochain la création du Paris Moto Show, un nouveau salon de la moto qui se tiendra tous les ans fin février au Bourget.

Mi professionnel, mi grand public (réservé aux pros les 20 et 21 et ouvert à tous du 22 au 26), le Paris Moto Show se déroulera pour la première fois du 20 au 26 février 2006 dans les Halls 1 et 2 du Bourget, parallèlement au Paris Tuning Show (Moto-Net du 1er mars 2005) du même organisateur, transféré dans les nouveaux Halls 3 et 4.

Aucune information fiable n'a encore filtré sur les marques pré-inscrites pour cette toute première édition du Paris Moto Show (PMS). Ducati, qui a d'ores et déjà annoncé son absence du Mondial, pourrait faire partie des premiers inscrits, tout comme Yamaha dont sont issus à la fois Eric de Seynes (aujourd'hui patron du groupe Options) et Philippe Gorce (actuel commissaire général du Paris Moto Show après avoir également travaillé à Moto Revue), qui prévoit de publier la liste des exposants "fin juillet".

"Vocation interactive"

"Nous voulons créer un salon annuel à vocation nationale et interactive car après avoir mûri le projet pendant deux ans, nous sommes arrivés à la conclusion qu'il fallait que le marché français du deux-roues ait au moins un salon annuel" estime aujourd'hui Philippe Gorce : "le marché du deux-roues est extrêmement difficile et quelque chose ne colle pas dans le fait que ses intérêts soient défendus par un seul salon public qui n'a lieu que tous les deux ans". Pour le commissaire général du PMS, "si la plupart des concessionnaires gardent le sourire c'est grâce aux accessoires, sur lesquels la marge est plus favorable que sur les motos neuves. Mais les niveaux de rentabilité restent faibles et feraient sourire n'importe quel investisseur ! Aujourd'hui, c'est Milan qui ouvre la voie en Europe. Munich s'est écarté et c'est aux autres capitales européennes de prendre leurs positions".

"Le Paris Moto Show ne se positionne contre personne !"

La cible est donc claire : le Mondial de Paris ! Même si, assure Philippe Gorce, "le Paris Moto Show ne se positionne contre personne : on ne vient pas en concurrence frontale du Mondial mais en complément, car notre philosophie est différente. Nous travaillons pour l'ensemble des acteurs du marché et après, il se passera ce qui se passera !"

Une analyse qui, on s'en doute, est en totale opposition avec celle de Thierry Hesse, commissaire général du Mondial, qui estime au contraire que "le marché actuel du deux-roues en France ne justifie pas la création d'un salon annuel ! Lorsque j'ai repris l'organisation du Mondial en 1989, le salon était annuel. C'est à la demande des exposants qu'il est devenu biennal en 1991, car cela correspondait mieux à leurs stratégies d'investissements au plan européen. Aujourd'hui, la grande majorité des constructeurs préfèrent rester sur un rythme biennal".

Le Mondial de Paris, qui a battu des records d'affluence lors de sa dernière édition avec 415 168 visiteurs, est aujourd'hui le troisième plus gros salon de France après celui de l'automobile (du même organisateur avec 1,5 million de visiteurs) et celui de l'agriculture (600 000 visiteurs). "Nous espérons encore augmenter cette année", explique Thierry Hesse : "sur un total de 1000 marques inscrites (moto et vélo), nous avons déjà près de 500 marques inscrites pour la partie moto, soit une augmentation de 10% par rapport à 2003". Le Mondial de Paris est régulièrement cité par les constructeurs dans le trio de tête des salons européens, avec Milan et l'Intermot (de Munich ou de Cologne l'an prochain) devant Madrid, Barcelone, Birmingham ou Amsterdam.

Le patron du Mondial rappelle encore qu'il y a "déjà eu plusieurs tentatives, notamment à Villepinte, qui n'ont pas marché tout simplement parce que les constructeurs n'ont pas voulu y aller !"

"Un "salon bis" est préjudiciable à la profession"

"Je suis contre toute tentative de division du marché et d'affaiblissement de la profession", poursuit Thierry Hesse : "le monde de la moto est aujourd'hui attaqué de toutes parts. Il a besoin d'être unifié, pas divisé. Il faut un salon institutionnel qui soit l'interlocuteur des pouvoirs publics, ce qui ne sera pas le cas d'un salon de banlieue. La création d'un "salon bis" est préjudiciable à la profession, car la division entraîne la faiblesse ! Ce qui ne doit pas empêcher le Mondial d'évoluer : on peut par exemple imaginer qu'en 2007, une partie soit réservée aux accessoiristes, comme c'est le cas aujourd'hui pour le vélo. En attendant, à la demande des exposants nous avons déjà réduit d'un jour la durée du salon et nous n'avons pas augmenté le prix des stands depuis 2003".

Selon toute logique, le prix du mètre carré à la Porte de Versailles reste toutefois sensiblement plus élevé qu'en banlieue nord : 140 euros le m2 nu (220 euros équipé) pour le Mondial (9 m2 minimum) contre 70 euros le m2 nu (105 euros équipé) au Paris Moto Show (12 m2 minimum).

Les essais mis en avant par le Paris Moto Show ? Thierry Hesse estime que "ça n'intéresse pas les constructeurs, qui ont leur stratégie propre et préfèrent inciter les clients à aller essayer leurs nouveautés en concessions. Nous aurons en revanche une piste de prise en mains pour les quads et nous maintenons l'initiation pour les enfants avec la FFM".

Rôle primordial de l'occasion

Clairement concurrents sur le secteur du salon grand public, AMC Promotion (Mondial) et le groupe Option (PMS) sont en revanche d'accord sur un point : le rôle primordial du marché de l'occasion moto aujourd'hui en France ! Tous deux ont donc prévu un important pôle de l'occasion dans leurs salons respectifs, avec "un Hall 2.2 presque entièrement dédié aux occasions motos" à la Porte de Versailles et une "bourse aux motos d'occasion sélectionnées et garanties par les concessionnaires exposants" au Bourget. "Aujourd'hui, le marché de l'occasion concurrence véritablement le marché du neuf", estime le responsable du Paris Moto Show.

Le Paris Moto Show devrait offrir un espace de 28 ha en extérieur pour que les professionnels puissent essayer les nouveautés les deux premiers jours, puis pour que le grand public puisse assister à des démonstrations les quatre jours suivants. "Pour des raisons évidentes de sécurité, il n'était pas possible de faire essayer les motos par le grand public", précise Philippe Gorce.

Côté prix d'entrée public, la différence est faible (10 euros au Bourget contre 12 à la Porte de Versailles). Un billet commun pour les deux événements du Bourget (Paris Moto Show et Paris Tuning Show) devrait être proposé aux alentours de 12 euros. Côté Mondial, le billet donne également accès aux halls consacrés au vélo.

"Je leur souhaite sincèrement de réussir !"

Même optimisme chez l'organisateur des très efficaces Journées professionnelles de la moto et du scooter (JPMS, lire Moto-Net du 9 février 2005), qui voit d'un oeil "vigilant mais confiant" l'arrivé de ce nouveau concurrent : "je leur souhaite sincèrement de réussir, car leur succès montrera le regain d'activité du marché de la moto, qui a bien besoin d'être dynamisé", note Jean-Pierre Bonato.

Les JPMS de Lyon, réservées aux pros, auront donc lieu moins d'un mois avant le PMS du Bourget, les dimanche 29 et lundi 30 janvier 2006. Jean-Pierre Bonato compte notamment sur la situation géographique centrale et sur le travail de fidélisation effectué au cours des trois éditions précédentes pour assurer une édition 2006 "toujours sans équivalent". Autre avantage non négligeable, les billets de train aller et retour seront cette année encore "offerts à tous les concessionnaires, revendeurs et accessoiristes de France métropolitaine".

PMS, JPMS, Mondial... N'y a-t-il pas un risque de saturation, et donc de dilution des exposants et des visiteurs ? "La vérité sortira de la fréquentation et des tarifs de chaque salon, car les principaux acteurs du marché feront leur choix et une hiérarchie se dégagera" entre les différentes offres, prévoit Philippe Gorce.

Et face aux JPMS, jeune salon 100% professionnels dont Jean-Pierre Bonato estime que "le concept s'est affiné en quatre ans" et au célébrissime Mondial, référence internationale aux yeux du grand public et des constructeurs mondiaux, le groupe Option opposera donc un projet mixte "qui mûrit depuis deux ans", affirme Philippe Gorce : "une nouvelle génération de managers est en train de prendre les rênes dans la moto, ce sont avant tout des entrepreneurs, parfois passionnés mais qui ont une culture du marché très marquée par le respect du client final"...

En bref, le conseil de Moto-Net : que le meilleur gagne !

Mondial de Paris
Porte de Versailles, Paris, du 1er au 9 octobre 2005
Pour en savoir plus : Moto-Net du 18 mai 2005 et Site officiel

Journées professionnelles de la moto et du scooter
Eurexpo de Lyon, du 29 au 30 janvier 2006
Pour en savoir plus : Moto-Net du 9 février 2005 et Site officiel

Paris Moto Show
Le Bourget, du 20 au 26 février 2006.
20 et 21 : réservé aux professionnels.

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